Une nouvelle polémique secoue l’industrie de la mode. Adidas se retrouve sous le feu des critiques pour avoir commercialisé des sandales inspirées des huaraches, chaussures traditionnelles d’un village zapotèque mexicain. Face à la controverse, la marque allemande a dû retirer le produit de la vente.
Le scandale des « Oaxaca Slip-On »
La tempête a éclaté quand Adidas a lancé ses sandales « Oaxaca Slip-On », créées en collaboration avec le styliste américain Willy Chavarria. Le modèle ressemble comme deux gouttes d’eau aux huaraches, ces sandales tressées emblématiques du village de Yalalag, dans l’État d’Oaxaca au Mexique.
Le gouverneur Salomón Jara n’a pas mâché ses mots lors d’une conférence de presse : « Cette huarache vient de Yalalag. Nous allons porter plainte contre le créateur ». Une menace qui n’est pas restée lettre morte, puisque Adidas a rapidement retiré les sandales de la vente.
Un cas parmi tant d’autres dans la mode
Cette histoire fait écho à d’autres scandales similaires qui ont secoué l’industrie ces dernières années :
• Isabel Marant avait dû s’excuser après avoir copié des motifs Purépechas sur des capes vendues 490 euros
• Prada s’était inspiré des sandales Kolhapuri indiennes sans crédit aux artisans locaux
• Louis Vuitton avait commercialisé une blouse calquée sur un vêtement folklorique roumain
La mode face à ses responsabilités culturelles
« On vole notre costume », s’indigne une des dernières couturières d’un village roumain. Cette phrase résume bien le sentiment des communautés dont le patrimoine est utilisé sans leur accord.
Vers une mode plus éthique ?
Les marques commencent à prendre conscience de ces enjeux. Adidas a promis d’engager un « dialogue de réparation » avec la communauté de Yalalag. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur.
Quand la mode flirte avec le sacré
Les appropriations culturelles ne se limitent pas aux vêtements traditionnels. Les symboles religieux ont aussi fait l’objet de controverses. Souvenez-vous de Karl Lagerfeld qui avait utilisé des versets du Coran sur un corset Chanel en 1994, provoquant un tollé international. La maison avait dû détruire les trois exemplaires existants.
La frontière entre inspiration et appropriation reste floue. Mais une chose est sûre : les communautés locales ne comptent plus se laisser faire. Et les grandes marques devront apprendre à composer avec cette nouvelle réalité.


